3) Les femmes et la politique

27 octobre 1946 : Le préambule de la constitution proclame : "la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme" (art.3)

Malgré cette égalité de droit, l'égalité n'est pas assurée dans les faits, même aujourd'hui, et l'exemple le plus flagrant est celui des femmes au sein du monde politique.

En juin 2000, une loi a été promulguée en France qui établit, pour la plupart des élections, la parité hommes/femmes au niveau des candidatures dans un certain nombre de cas et, dans d’ autres, au niveau des élus. Il avait fallu que, sous la pression des associations féminines et féministes, soutenues par l’ opinion publique, la classe politique admette qu’il n’était pas acceptable que, plus d’un demi-siècle après l’obtention par les femmes des droits de vote et d’éligibilité, les assemblées élues soient toujours composées à plus de 90 % d’hommes.

En France, 54 % des électeurs sont des femmes. Mais elles ne représentent pourtant que 5 % des parlementaires. La gent féminine reste sous représentée dans le monde de la politique. Il y a 190 pays membres de l’ONU et à peine une dizaine d’eux ont une femme pour les dirigées. La France n’est pas un exemple de cette parité. Par exemple, la loi pour le droit de vote universelle fut votée en 1944 mais elle n’a été adoptée qu’en 1963 en France.

Pour aller un peu plus loin, les françaises ont été et restent largement exclues de la représentation démocratique depuis la Révolution de 1789.  Mais les individus choisissent-ils une femme pour ses compétences politiques ou pour sa qualité de femme ? Représente-t-elle les femmes ou, comme tout parlementaire, la Nation ? Il est difficile de répondre à cette question.

La France a eu une première femme ministre en Mai 1991, qui est restée au pouvoir pendant presque un an (de Mai 1991 à Avril 1992). Elle se nomme Edith Cresson. Malgré le fait que ce soit la première femme à accéder au poste de premier ministre, elle fut bien critiquée. En Mai 1995, Alain Juppé met en place un gouvernement qui engage plus de 30% de ministres femmes, appelaient les « Jupettes » qui soutiennent le premier ministre, Alain Juppé, dans ces démarches.

Le 8 juillet 1999, la loi indique « l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives et que les partis doivent contribuer à cette misse en œuvre ». Malgré cette loi, une nouvelle loi est votée, le 6 juin 2000, pour obliger les partis politiques à ce que les candidatures sur les listes (municipales, régionales, européennes et sénatoriales) aient une moitié d’hommes mais aussi de femmes. S’il n’y a pas au moins 48% de femmes, les partis sont sanctionnés financièrement.

Malgré toutes ces femmes qui ont atteint un poste assez important, l’hexagone est loin d’acquérir la parité. Elle se trouve derrière plusieurs pays comme la Suède ou la Finlande. Néanmoins, les femmes sont 47% dans les conseils municipaux et régionaux grâce à la loi de 2000. Mais elles restent toujours à 10% dans la sphère du pouvoir, dans les élections cantonales ou sénatoriales, pour en venir à moins de 6% dans l’ensemble du parlement.

Seulement 5% des mairies sont dirigées par des femmes dans les grandes villes. Même si les femmes ont quand même réussi à se faire entendre (notamment  grâce à la loi sur la parité  qui a permis d'élire beaucoup plus de femmes dans les conseils municipaux et régionaux ), elles ont encore beaucoup de mal à atteindre les plus hauts postes qui sont toujours réservés aux hommes. Dans le tableau ci-dessous, on observe que les femmes dominent dans les postes régionaux (47% des conseilleurs régionaux sont des femmes), mais elles ne sont que 4,5% dans la présidence de Conseil Général. Nous ne nous trouvons donc pas dans un contexte d'égalité.

 

La France n’est donc pas un exemple concernant la parité. On voit que par rapport aux autres Etats, la France ne rattrape pas son retard et est classée en treizième position pour la part des femmes élues à l’Assemblée et en avant-dernière position parmi les Etats qui ont un Sénat ou une Deuxième chambre.


Place des femmes dans les parlements des Etats membres de l’UE :

 
Suède 2002 45,3%

Danemark 2001 38%

Pays-Bas 2003 36,7%

Finlande 1999 36,5%

Autriche 2002 33,9%

Allemagne 2002 32,2%

Espagne 2000 28,3%

Belgique 1999 23,3%

Portugal 2002 19,1%

Royaume-Uni 2001 17,9%

Irlande 2002 13,3%

France 2002 12,3%

Italie 2001 11,5%

Grèce 2000 8,7%

Source : Union interparlementaire, mars 2003

 

L’exemple de la Finlande peut être pris pour caractériser la situation des pays “nordiques” : indépendance et intégration des femmes à tous les échelons de la société. Contrairement à la France, les femmes sont très présentes dans les hautes sphères politiques. Car en France, les partis politiques préfèrent renoncer à une partie de leur dotation financière en payant des amendes que de laisser une place, aux femmes, équitable. A la simple vu de ces chiffres, on peut comprendre les mécanismes d’accès au pouvoir. L'essentiel des obstacles posés sur le chemin qui conduit à l'élection provient des partis politiques eux même, qui admettent plus facilement les femmes comme militantes que comme responsables, et comme candidates en position éligible. C'est d'abord au sein des partis qu'il faut améliorer la représentation des femmes. C'est pour cela qu'il faut former les esprits afin d'atteindre l'égalité.

Intéressons nous désormais aux mentalités en prenant un exemple simple. Dans les pays sous un régime dictatorial, les dirigeants se font élire par le peuple à plus de 90%. Un score pareil fait comprendre au pays démocratiques, comme la France, que ces élections sont un pur trucage. Mais pour un pays avec 50% de femmes et 50% d’hommes, on constate que 90% des maires, députés et des sénateurs sont des hommes. Et pour un pays démocratique comme le notre, choquée par les 90% de voix obtenues dans un pays dictateur enregistre sans broncher les 90% de score obtenu par les hommes politiques en France.

On constate donc que les mentalités sont moins critiques quand il s’agit de son propre pays. De plus, malgré un désir de parité, l’image du président de la République s’applique plus à un homme qu’à une femme, dans les mentalités. 
D’ailleurs, lorsque deux femmes ont été candidates à la présidence (Ségolène Royal au PS et Michèle Alliot-Marie à l’UMP), les réactions sexistes et méprisantes dans la classe politique et dans la presse écrite et audiovisuelle, ont été bien entendu surtout sur les capacités des femmes à gérer le rôle qu’elles demandent. Car dans la politique, on ne voit les femmes qu’en travaillant avec leurs qualités prêtées aux femmes en tant que femmes tels que des missions sociales, médiation, mandats ou encore administratifs.

On peut reconnaitre un fort clivage hommes/femmes au sujet de la vie de famille. Celles-ci doivent faire leurs preuves tandis qu’on ne demande rien à propos de leurs vies de familles aux hommes.Une étude récente (G. Derville, S.Pionchon, parue dans la revue Mots – Les langages du politique, juillet 2005) montre que les représentations sociales dissuadent un bon nombre de femmes de s’engager dans une carrière politique ambitieuse. Un étudiant affirme n’avoir jamais entendu l’expression « femme politique ». Tout cela compose, en France, un paysage politique et social encore peu propice à l’ascension des femmes en politique.
Néanmoins, la loi sur la parité a permit de renforcer la présence de femmes en politique, au jour d’aujourd’hui, sur seize ministres, on y retrouve six femmes. Parmi lesquelles on trouve :

 

 Michèle ALLIOT-MARIE,ex-ministre des affaires étrangères et européennes

 Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement ;

 Valérie PECRESSE, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ;

 

 Christine LAGARDE, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie ;

 Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre des solidarités et de la Cohésion sociale ;

 Chantal JOUANNO, ministres des sports.

 

Même si ces femmes sont ministres, aucune n'a encore accédé au plus haut poste : celui de présidente. Même si les évenements de 2007 et l'arrivée au second tour de Ségolène Royal ont ouvert une porte, la parité n'est pas encore totalement assurée.


Depuis la loi sur la parité, la présence des femmes s’est sensiblement renforcée, du moins aux élections locales, et les stéréotypes liés à l’éternel féminin ne cessent de reculer. Surtout que la présence des femmes en politique est un indicateur essentiel du rôle des femmes dans une société et, plus largement, du degré de démocratie dont elle s’est doté.

Le combat pour la parité est bien et bel en marche, et les femmes comptent bien renforcer leur présence dans cet univers masculin.

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